#Leaks en folie ! 2016 : année de la corruption ?

01 Jan 1970 1:00 am

Leaks2016 - LCB / FT

Aujourd'hui, vendredi 9 décembre, les Nations Unies fêtent la journée internationale contre la corruption créée en 2003 par l'ONU. Cette journée vise à « sensibiliser la population à la corruption et au rôle de la Convention dans la lutte contre cette pratique illicite», qui semble particulièrement cette année en plein boom ! Au-delà des apparences pourtant, 2016 pourrait être un bon cru au moins en matière de sensibilisation ! Rétrospective.

2016 : une année forte en termes de sensibilisation

Le Bureau des Nations Unies contre la drogue et le crime a organisé cette année conjointement avec les Nations Unies une campagne mettant l'accent sur l'impact de la corruption en matière de développement durable. Leur conclusion est sans équivoque : la corruption « impacte l'éducation, la santé, la justice, la démocratie, la prospérité et le développement». Avec cette journée, l'ONU souhaite que les gouvernements s'emparent vigoureusement du sujet et se mobilisent pour informer les citoyens sur les effets négatifs de la corruption. Une démarche suivie par la Malaisie, dont la commission anti-corruption a choisi symboliquement cette année de brandir, à l'occasion de cette journée, une bannière anti-corruption au sommet du mont Kinabalu.

L'objectif de l'ONU - sensibiliser à la lutte contre la corruption –, semble avoir été atteint en 2016, notamment grâce à l'actualité, aux journalistes d'investigation et aux lanceurs d'alerte. Les Panama Papers en avril dernier, l'affaire des Bahamas Leaks et plus récemment encore celle des Football Leaks, ont mis sous les feux des projecteurs les activités illicites de grandes entreprises, de nombreux politiciens et célébrités à travers le monde. La publication des 11,5 millions de documents du cabinet d'avocats Mossack Fonseca a révélé que des structures complexes étaient mises en place dans des juridictions «offshore» comme le Panama, pour masquer la véritable propriété des actifs et de comptes bancaires. Les allégations et les enquêtes afférentes ont sensibilisé le public à la question de la propriété réelle cachée et maintenu la corruption à la Une de l'actualité une grande partie de l'année.

Panama Papers

Les bénéfices économiques de la lutte contre la corruption

Le site web de l'ONU sur la lutte contre la corruption présente une série de mesures pratiques que les pays, les industries, les entreprises et les individus peuvent prendre pour lutter contre la corruption. Dans la moitié des exemples énumérés, l'ONU valorise les bénéfices économiques de la lutte contre la corruption. Au travers de ces bonnes pratiques, l'ONU veut démontrer qu'une communauté d'affaires transparente encourage les investissements nationaux et étrangers, notant que «tout le monde est plus disposé à investir dans des pays où on a la garantie que les fonds ne pourront pas être détournés dans les poches de fonctionnaires corrompus".

Pour appuyer son argumentation, l'ONU cite une étude menée par la Banque Asiatique de Développement (Asian Development Bank) qui sous-entend que :

la corruption peut coûter à un pays jusqu'à 17% de son PIB.

Le message véhiculé est simple : la corruption est mauvaise pour les entreprises et la conformité peut améliorer la performance financière d'un pays, de ses industries et de ses entreprises.

Un rapport récent d'ethiXbase supporte les déclarations de l'ONU. Il indique notamment que la position dure choisie par Singapour sur la corruption dans le secteur privé et public a donné au pays "un avantage concurrentiel significatif" sur ses voisins. Le Premier ministre Singapourien déclare ainsi que «l'intégrité du gouvernement, du système et des hommes et des femmes responsables a été la clé du succès de Singapour», confortant l'idée qu'il est dans l'intérêt des pays et des entreprises d'améliorer leurs mesures anti-corruption, car de bonnes pratiques se traduisent en bénéfices économiques.

Développer l'entraide judiciaire

L'ONU affirme également que la ratification et l'adoption de la Convention des Nations Unies contre la corruption a constitué une étape majeure dans la lutte contre la corruption. Selon elle, la Convention signée par 177 états membres, est le premier instrument international anti-corruption juridiquement contraignant.

Depuis son adoption en 2003, les pays se montrent de plus en plus disposés à échanger des informations sur la fraude et la corruption.

En septembre, le G20 s'est réuni pour convenir de son plan d'action anti-corruption pour 2017/18, qui comprend l'engagement de «prendre des mesures pour améliorer la coopération entre les services répressifs et les autres autorités compétentes au sein et entre les pays membres ».

En ce moment même, les autorités américaines, britanniques et australiennes travaillent ensemble pour enquêter sur Unaoil et des allégations de fraude et corruption ayant impliqué plusieurs entreprises et personnes pour l'obtention de contrats gouvernementaux au Moyen-Orient et en Afrique portant sur des milliards de dollars.

Cette coopération croissante, espérons-le, devrait inciter les entreprises à ne plus s'engager dans des projets illicites !

Pour aller plus loin :