Corporate Human Rights Benchmark

01 Jan 1970 1:00 am

#Droits de l'homme et Gestion des risques

Le mois dernier, le premier classement de référence des Entreprises dans le domaine du respect des Droits de l'homme a été lancé : le Corporate Human Rights Benchmark (CHRB). Ce classement analyse 98 des 500 plus grandes entreprises cotées en bourse sur un ensemble de critères spécifiquement liés au respect des droits de l'homme. Dans ce post, nous souhaitons aujourd'hui mettre en lumière ces premiers résultats et expliquer l'importance de ce nouvel indice de référence, à la fois pour le grand public et les entreprises.

Un classement annuel effectué sur 6 catégories de critères

Le Corporate Human Rights Benchmark fournira chaque année les performances des plus grandes entreprises mondiales dans le domaine des droits de l'homme. Il a été mis en place par un consortium d'entités : Aviva Investors, le Business & Human Rights Resource Centre, Calvert Investments, the Institute for Human Rights and Business (IHRB), VBDO et Vigeo Eiris.

Dans ce premier classement, les entreprises évoluant dans des secteurs comme l'agriculture, l'extraction et l'habillement ont été évaluées sur 6 catégories de critères. Les sociétés étudiées ont été choisies selon leur taille (capitalisation boursière), leur chiffre d'affaires, en tenant en compte de leur situation géographique et de leur secteur d'activité de manière à rester représentatif.

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Source: Business and Human Rights Resource Centre

BHP Billiton, Marks &Spencer et Rio Tinto en tête du 1er classement

Le Corporate Human Rights Benchmark s'appuie sur les directives fournies par les Nations Unies dans le domaine des droits de l'homme et par d'autres normes internationales et sectorielles en matière de conduite commerciale responsable. Il s'intéresse plus particulièrement aux politiques mises en place, aux processus / pratiques, à la transparence des entreprises et, en cas d'allégations sérieuses à la façon dont elles ont répondu aux accusations ou sanctions.

Ce premier classement met en valeur les performances de 3 grandes sociétés qui cette année par leurs pratiques ont démontré le plus d'excellence en matière de gestion des droits de l'homme : toutes ont obtenu dans le classement un score supérieur à 60%. Il s'agit de :

  • BHP Billiton (extraction)
  • Le groupe Marks & Spencer (produits agricole / habillement)
  • Rio Tinto (extraction)

Un classement incontournable pour 5 grandes raisons

Comme les Nations Unis l'indiquaient, «Dans un monde de plus en plus connecté, on scrute de plus en plus l'impact qu'ont les sociétés sur les personnes et les communautés ». En tant que tel, les résultats des entreprises dans ce domaine ne doivent pas intéresser que les ONG et les associations non lucratives, mais l'ensemble de la population, des entreprises et des investisseurs. La mise en place de cet indice de référence marque en effet une étape majeure dans le domaine de la conduite commerciale responsable car :

  1. Il participe à la promotion d'un marché mondial plus équilibré et équitable. Les grandes entreprises ont un fort impact sur la façon dont l'économie mondiale fonctionne. En comparant les performances sociales des grandes entreprises aux normes internationales, le CHRB vise à créer un marché mondial plus équilibré et plus équitable.
  2. Il démontre la nécessité de meilleures performances. Le score global moyen de l'ensemble des 98 entreprises analysées était de 28,7% et seules six entreprises ont obtenu un score supérieur à 50%. Neuf entreprises ont obtenu un score inférieur à 10%. Ce premier classement montre donc clairement qu'il existe des marges de progression considérables. Pour en savoir plus sur le classement des entreprises.
  3. Il aide les investisseurs à prendre des décisions fondées sur l'éthique. Le CHRB est soutenu par 85 investisseurs, représentant 5,3 milliards de dollars d'actifs sous gestion. L'un des impacts attendu de cet indice de référence est que «Avec ce nouvel outil, les investisseurs pourront prendre des décisions plus éclairées en matière d'investissements. Ils pourront s'assurer que leurs investissements vont à des sociétés qui sont en conformité avec les normes internationales en matière de droits de l'homme et à l'inverse se désengager des entreprises qui ne fournissent pas les efforts attendus dans le domaine". Une préoccupation largement partagée par le grand public qui se préoccupe de plus en plus en matière de consommation de la conduite responsable et éthique des entreprises.
  4. Il encourage les entreprises à se dépasser en matière des droits de l'homme. Le classement exploite le caractère concurrentiel des marchés et des entreprises en encourageant une «course au sommet» afin de renforcer les pratiques en matière de droits de l'homme pour aboutir à plus d'excellence. Outre les investisseurs, le CHRB informera et promouvra son classement auprès de la société civile - salariés, clients, consommateurs etc. – pour les encourager à tenir compte des pratiques des entreprises avant de s'engager.
  5. Il encourage les entreprises à être plus transparentes. Le CHRB se distingue d'autres classements dans le domaine car il capitalise sur le principe du «savoir et montrer», développé et présenté par les Nations Unies. Cela signifie en d'autres termes, que les informations analysées et exploitées dans ce classement sont publiques. Elles sont disponibles sur les sites Web, dans les rapports annuels, et tous autres rapports fournis par les entreprises elles-mêmes. Comme l'explique John Morrison, directeur général de l'IHRB, cela signifie que «si certaines entreprises dans ce 1er classement ont obtenu un faible score, ce n'est pas nécessairement parce qu'elles n'ont pas mises en place de bonnes pratiques en matière de droits de l'homme, c'est tout simplement qu'elles n'ont pas communiqué publiquement sur le sujet».

Plus d'entreprises et de secteurs dans la prochaine édition

Les trois secteurs évalués cette année seront à nouveau classés en 2018 et le prochain rapport devrait être disponible à la fin de 2018. L'initiative CHRB vise à étendre ses activités à d'autres secteurs et à accroître son classement annuel auprès des 500 premières entreprises mondiales.

Pour aller plus loin :