Le dernier indice de perception de la corruption de Transparency International révèle des liens inquiétants entre la pandémie et les risques de pots-de-vin et de corruption

Ce serait un euphémisme de dire que 2020 fut une année mouvementée. Le monde, frappé par une pandémie sans précédent, a connu d’énormes pertes humaines et économiques. Selon l’indice de perception de la corruption récemment publié par Transparency International, « la réponse d’urgence à la pandémie de COVID-19 a révélé d’énormes failles dans les systèmes de santé et les institutions démocratiques, soulignant que les personnes au pouvoir ou qui tiennent les cordons de la bourse du  gouvernement servent souvent leurs propres intérêts plutôt que ceux des personnes les plus vulnérables ».

Le rapport IPC2020 suggère également que, « alors que la communauté mondiale passe de la crise à la reprise, les efforts de lutte contre la corruption doivent suivre le rythme pour assurer une relance juste et équitable ». Le rapport est axé sur le secteur public, il évoque cependant également d’autres affaires de pots-de-vin et de corruption de premier ordre, qui indiquent que la corruption est implantée même dans les pays obtenant de bons scores. Une approche adaptée aux risques basée sur la due diligence et la surveillance continue des risques est donc nécessaire pour les organisations des secteurs public et privé.

La lutte contre les risques de pots-de-vin et de corruption prend une mauvaise tournure

En dépit du renforcement des réglementations dans certaines régions, plus de 66 % des 180 pays classés dans l’IPC ont obtenu un score inférieur à 50 sur l’échelle de classement du niveau de perception de la corruption de 0, pour « fortement corrompu », à 100, pour « très peu corrompu ». L’Europe de l’Ouest et l’Union européenne sont les régions qui obtiennent les meilleurs scores. Cependant, avec une moyenne de 66 sur 100, il est clair que même les pays les mieux classés ont du travail.

Certaines affaires de pots-de-vin et de corruption résolues en 2020 qui ont fait les gros titres viennent également souligner cet état de fait. L’accord conclu par Airbus en 2020 a entraîné le versement de quasiment 3,4 milliards d’euros de pénalités aux États-Unis, à la France et au Royaume-Uni. L’accord intervient après quatre ans d’enquête : l’entreprise basée aux Pays-Bas aurait eu recours pendant dix ans à des tiers qui seraient intervenus auprès de décideurs et d’influenceurs pour la vente de ses avions et satellites aux Émirats arabes unis, en Chine, en Corée du Sud, au Népal, en Inde, à Taïwan, en Russie, en Arabie saoudite, au Vietnam, au Japon, en Turquie, au Mexique, en Thaïlande, au Brésil, au Koweït, en Colombie, en Indonésie, au Sri Lanka, en Malaisie et au Ghana.

« Les pays les mieux classés jouent un rôle important : ils favorisent en effet la corruption par le biais de pots-de-vin à l’étranger, de structures de propriété effective des entreprises opaques, d’une mauvaise application des garde-fous (des banquiers ou des avocats peuvent ainsi faire office de facilitateurs) et de structures de propriété effective des actifs (immobilier, articles de luxe, etc.) opaques », déclare Transparency International.

L’identification des bénéficiaires effectifs est essentielle lors de la due diligence

Comme l’indique le rapport, la dissimulation de la propriété, qu’il s’agisse d’une entreprise ou de biens immobiliers, facilite souvent les crimes financiers, les pots-de-vin et la corruption. Le refrain est bien connu : depuis le scandale des Panama Papers en 2016, plusieurs gouvernements envisagent de mettre en place ou ont déjà commencé à mettre en place des registres de propriété effective. Certains établissent également de nouveaux règlements ou publient des consignes afin de veiller à ce que les entreprises intègrent la divulgation des bénéficiaires effectifs lors de la due diligence de tiers.

La pandémie a également mis en avant d’autres failles dans la lutte contre les risques de pots-de-vin et de corruption. Transparency International souligne que « la corruption impacte tous les niveaux de la réponse à la crise de COVID-19, qu’il s’agisse de l’accès aux tests de dépistage, aux traitements et aux autres services de santé, de la passation de marchés publics de fournitures médicales ou de la préparation générale aux situations d’urgence ». De même, la pandémie a révélé une grave instabilité des chaînes d’approvisionnement mondiales, qui expose de nombreuses entreprises à des risques financiers et pour la réputation encore plus importants de la part des tiers sur lesquels elles s’appuient.

La compréhension des risques potentiels dès leur apparition exige un processus de surveillance des risques en continu, qui met en évidence l’instabilité financière, les sanctions officielles ou les informations négatives au sujet de tiers qui pourraient affecter la réputation et les résultats financiers d’une organisation. Les processus de due diligence et de surveillance des risques actuellement appliqués par votre organisation résisteraient-ils à un examen de l’organisme de régulation ?

Pour aller plus loin

  1. Découvrez le classement de votre pays dans l’IPC 2020 et les recommandations de Transparency International pour limiter les risques de pots-de-vin et de corruption.
  2. Découvrez comment l’association de Nexis Diligence™ et Nexis® Entity Insight permet d’améliorer la sensibilisation aux risques liés aux règlements et à la réputation.

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