La paille en plastique : le sujet chaud de l’été

Ce petit objet de quelques grammes est omniprésent dans la presse en ces mois d’été… et vit peut-être ses derniers jours aux terrasses des cafés. Gouvernements, Organisations Non Gouvernementales et entreprises multiplient en effet les initiatives pour le faire disparaître… ou du moins le rendre moins polluant.

Pailles en plastique - retombées médiatiques
Source : LexisNexis Newsdesk®


Pailles en plastique : multiplication des initiatives publiques

L’attention portée à la paille en plastique est certes due à son potentiel polluant (composition, usage unique) mais également à sa forme. Si les pailles ne représentent qu'une infime fraction du plastique polluant les océans, leur taille en font un pollueur redoutable car elles s'enchevêtrent et les animaux marins et les poissons peuvent les avaler.

C’est ainsi que le Conseil de Paris a voté l’interdiction progressive de la paille en plastique dans les événements et équipements municipaux. Dès 2019 elle aura disparu de Paris Plage. Des campagnes de sensibilisation seront lancées courant 2018.

L'interdiction des pailles et des mélangeurs en plastique figure également dans le projet de loi sur la biodiversité présenté début juillet par le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot.

L’Union Européenne a également proposé d’interdire à la vente les objets en plastique à usage unique comme les pailles, la vaisselle en plastique, les cotons-tiges, etc.


Les entreprises se mobilisent dans le cadre de leurs politiques RSE

Certaines entreprises rejoignent déjà le mouvement « anti-pailles ». Starbucks a ainsi annoncé début juillet la suppression de toutes les pailles de ses magasins d’ici 2020. Pour les remplacer, l’entreprise a conçu un couvercle sans paille « plus pratique pour boire » mais, paradoxalement, plus gourmand en plastique... McDonald’s a également annoncé son intention de ne plus utiliser de pailles en plastique dans ses magasins français…

Pailles en plastique - entreprisesSource : LexisNexis Newsdesk®

Ces initiatives peuvent sembler anecdotiques au regard des 13 millions de tonnes de plastique qui pénètrent dans les océans chaque année mais elles témoignent malgré tout d’une prise de conscience des décideurs… et de la mobilisation croissante contre le plastique.


Des chiffres qui font froid dans le dos

Au début de l’été les Nations Unies ont ainsi publié - Plastique  à usage unique : feuille de route pour la durabilité - un rapport faisant un bilan complet de « l'état des plastiques » dans le monde. Ici sont compilées les expériences et les évaluations des différentes mesures et réglementations mises en œuvre pour combattre la pollution plastique. Quelques chiffres font froid dans le dos :

  • 13 millions de tonnes de plastique pénètrent dans les océans chaque année : en 2050 l’océan pourrait contenir plus de plastique que de poissons…
  • Seulement 9% des neuf milliards de tonnes de plastique que le monde a jamais produites ont été recyclées. Le reste se trouve dans des décharges ou dans le milieu naturel ;
  • Non biodégradables, les plastiques se décomposent en fragments de plus en plus petits qui entrent finalement dans la chaîne alimentaire. 83% de l’eau du robinet contiennent ainsi des particules de plastique.
  • En Europe, le nettoyage des côtes et des plages pour le retrait des déchets plastiques coûte environ 630 millions d’euros par an.


Pourquoi faut-il surveiller de près cette thématique ?

4 grandes raisons nous poussent à croire que ce sujet, au-delà du buzz médiatique de cet été, doit faire l'objet d'une surveillance médiatique.

La situation est vraiment préoccupante et des mesures réglementaires vont être prises

  • Le rapport des Nations Unies conclut entre autres que les taxes et les interdictions prononcées par les gouvernements constituent les stratégies les plus efficaces pour limiter la consommation de produits en plastique jetables. Il prône également le concept de responsabilité élargie des producteurs et l’adoption d’une approche plus circulaire de la production et de la consommation de plastique.
  • Brune Poirson, secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot a d’ailleurs récemment présenté une feuille de route sur l'économie circulaire visant "100% de plastiques recyclés en 2025", contre 20% aujourd'hui.
  • Le ministre de l’environnement Nigérian a de son côté annoncé dans le contexte de la Journée Mondiale de l’Environnement (5 juin) que son pays travaille sur un programme national de recyclage des déchets plastiques et que les multinationales ont un rôle à y jouer, à l’instar de Coca Cola qui s’est engagé à collecter et recycler l’équivalent des emballages de ses boissons qui entrent dans le pays…

Certains acteurs investissent déjà beaucoup dans la R&D…

  • Unilever a ainsi communiqué il y a peu sur un procédé développé avec des partenaires et permettant de recycler tout type de déchet de PET.
  • Ce matériau plastique est utilisé notamment pour fabriquer des emballages jetables, des bouteilles, etc. Il est compliqué à recycler efficacement car il contient souvent des colorants.
  • Le procédé d’Unilever semble prometteur car il permet d’obtenir des granulés de polymère vierge (incolore).

… d’autres, à l’instar de LEGO, annoncent leur transition vers une production durable de plastique et misent sur un engagement RSE fort pour relancer leur croissance :

Enfin, il faut pouvoir faire la part entre greenwashing et véritable avancée écologique dans la jungle des bioplastiques, plastiques biodégradables, plastiques bio-sourcés, plastiques compostables.

  • Les sacs dits «biodégradables» ou «oxobiodégradables» ne sont ainsi pas vraiment compostables. Ils sont souvent composés de plastique traditionnel (polyéthylène) auquel on a ajouté des additifs chimiques dans le but d’en accélérer la fragmentation en petits morceaux… de plastique !
  • La «dégradation» de ces sacs en conditions réelles (par exemple au fond d’un océan) est très différente de celle étudiée dans les laboratoires de R&D. Leurs résidus peuvent ainsi rester dans l’environnement durant de nombreuses années. Ces sacs ne sont pas non plus recyclables via les circuits usuels, car les additifs qui favorisent leur fragmentation peuvent modifier les propriétés du plastique recyclé…


Pour aller plus loin :

  • Mettez sous surveillance médiatique ce thème et la visibilité de votre entreprise au sein de ces retombées, si vous êtes, comme Starbucks ou Lego, des utilisateurs de plastique ;
  • Surveillez les actions prises par les entreprises utilisatrices pour compiler les bonnes pratiques et mesurer leur impact sur l'opinion publique ;
  • Déployez une veille réglementaire pour être alerté des futures obligations réglementaires.

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