Rio restera-t-elle dans l'histoire comme l'Olympiade anti-corruption ?

Les Jeux de Rio se sont clôturés dimanche dernier sur une cérémonie spectaculaire et les jeux Paralympiques débuteront le mois prochain. Les exploits d'Usain Bolt et de Michael Phelps ont concentré ce dernier mois l'attention de la plupart des médias dans le monde. Pourtant en marge du sport, ces jeux resteront associés à de multiples scandales de corruption et de pots de vins.

Le CIO sous les feux des projecteurs

A l'occasion des événements de Rio, le Comité International Olympique (CIO) était sous les feux des projecteurs. Pat Hickey, un dirigeant du CIO, soupçonné de ventes de billets illégaux, a été arrêté au Brésil et accusé par les autorités brésiliennes d'être impliqué dans un système de vente de billets à prix gonflé.

Le Comité International Olympique (CIO) a indiqué qu'il collaborerait avec les autorités en soulignant que Monsieur Hickey devait être considéré comme présumé innocent jusqu'à preuve du contraire.

Mais cette arrestation pourrait nourrir les appels aux changements qui se multiplient à l'encontre de l'organisation des Jeux Olympiques. Le CIO gère des sommes d'argent considérables via les droits de diffusion des Jeux, le sponsoring, les droits de licence ou encore la vente de billets. Il fait désormais face à des accusations de manque de transparence et de responsabilité dans les médias.

Dans un billet publié suite à l'arrestation de monsieur Hickey par RioOnWatch, une organisation non gouvernementale basée à Rio, les questions s'enchaînent :

« Que sait-on de la gestion financière et du fonctionnement interne du CIO ? Qui est cette clique d'élites qui dispose de 900$ d'indemnités quotidiennes pendant les JO et dont les choix affectent durablement les paysages urbains à travers le monde ? ».

La FIFA, l'association de la fédération internationale de football, a été confrontée aux mêmes critiques ces dernières années, cumulant l'arrestation de 14 de ses membres en mai 2015. Celle de monsieur Hickey, il est certain, mettra encore plus de pression sur ces organisations. Les sociétés qui choisissent de travailler avec les JO et la coupe du monde de football, doivent donc doubler de vigilance, en mettant en place une surveillance médiatique pointue sur le CIO et la FIFA. Elles devraient également envisager de faire pression sur ces organisations pour les inciter à faire évoluer leurs structures de gouvernance.

Accusations de dopage et de pots de vin

Les Jeux Olympiques de Rio ont aussi été marqués par des allégations de dopage et de pots de vin. Avant même que les jeux ne débutent, 118 athlètes russes ont tout simplement été exclus de la compétition suite à des accusations de dopage d'état. Un haltérophile du Kirghizistan a été dépouillé d'une médaille de bronze et un certain nombre d'autres athlètes ont été renvoyés chez eux en raison de soupçons de dopage. Ceci, sans compter les sous-entendus ou propos directs tenus par des athlètes à l'endroit de certains de leurs concurrents. On se souviendra tous, notamment, du coup de gueule de Camille Lacourt contre les « dopés » :

« Ça me dégoûte de voir des gens qui ont triché sur les podiums » .

Les Jeux Olympiques précédents ne sont pas exempts de soupçons. Des accusations de corruption et de versements de pots de vin font légion, de l'attribution des chantiers de construction, au choix de la ville hôte en passant par des tentatives de corruption de clients ou de personnes politiquement exposées lors d'invitations à des événements. A Rio, des boxers irlandais et américains ont même accusé certains juges d'avoir reçu des pots de vins en échange de leurs votes, amenant la révocation de certains d'entre eux et leurs départs des jeux.

Succès des mesures anti-corruption

On pourrait considérer que ces scandales nuisent à l'image de la marque Olympique, ou à l'inverse considérer que le renvoi de certains juges et athlètes montrent l'efficacité des mesures anti-corruption menées dans le secteur du sport. Andy Spalding, professeur associé à l'université de droit de Richmond, écrit ainsi dans un billet publié sur le blog de la FCPA :

« Les Jeux Olympiques d'été 2016 de Rio sont entrés dans l'histoire – non, mais devraient entrer dans l'histoire comme les Jeux anti-corruption. On n'aura jamais autant parlé de tricherie, ou de punir la tricherie, ou de comment concevoir un système anti-tricherie efficace, comme on le fait en ce moment ».

Sources : RioOnWatch – FCPA Blog – Université de droit de Richmont


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