La crise chinoise : Anticiper les conséquences inattendues

 

Bien qu'exerçant une influence considérable sur une population de 1,2 milliard de personnes, le gouvernement chinois a peut-être appris ces dernières semaines que maintenir son marché boursier, voire son économie, en perpétuelle croissance n'était pas si simple.

Un environnement volatile

Malgré la relative stabilité de l'indice composite de Shanghai pendant trois ans, de 2011 à 2014 (avec un indice fluctuant entre 2000 et 3000 points), la croissance enregistrée depuis début 2015 (au-delà des 5000 points en juin) a été suivie par une chute de quelque 40 % au cours des deux mois d'été, avec un indice au-dessous des 3000 points fin août.
Le fait que le récent plongeon du cours des actions puisse être davantage lié aux estimations élevées des actions chinoises avant leur chute sera une bien maigre consolation pour les nombreux investisseurs institutionnels internationaux, que le gouvernement chinois avait ouvertement encouragés à investir sur le marché.

Des réglementations dans l'improvisation

Ces deux dernières semaines, le gouvernement chinois a fait tout ce qui était en son pouvoir pour redresser les cours. Ce faisant, il a néanmoins créé des conditions qui risquent fort de dissuader les investisseurs étrangers qu'il courtisait moins de six mois plus tôt. Avec l'apparition quasi-quotidienne de nouvelles règles visant à renflouer le cours des actions, les fonds d'investissement internationaux éprouvent de plus en plus de difficultés à opérer librement sur le marché.
Le pays est en parallèle en train de durcir ses lois anti-corruption. La nouvelle législation – qui augmente considérablement l'étendue des charges pour pots-de-vin – devrait certes être bien accueillie, mais elle élimine certains montants spécifiques déclenchant une sanction automatique en les remplaçant par des notions plus générales telles que « élevés » et « énormes ». En d'autres termes, les règles pourraient changer à tout moment et les entreprises exerçant en Chine seraient alors confrontées à davantage d'incertitude et de risque.

Atténuer le risque

Malgré tout, pour beaucoup d'investisseurs, se retirer du pays n'est pas envisageable. En décembre 2014, le FMI a annoncé que la Chine était devenue la plus grande économie du monde. Avec une population plus nombreuse que n'importe quel autre pays, une croissance soutenue durablement, et une capacité de production gigantesque, la Chine reste un terrain d'investissement attractif sur le long terme.
Alors que peuvent faire les institutions financières pour atténuer le risque et opérer efficacement en Chine ? Bien qu'il serait cynique de dire « restez du bon côté de tout ce que le gouvernement chinois annonce aujourd'hui », il ne faut pas sous-estimer la valeur des informations et renseignements lorsqu'il est question d'investir dans ce pays. Il n'a jamais été plus important de bien comprendre ce qui est annoncé, que ce soit par l'agence de presse officielle Xinhua ou les autres médias. La fonction de mise sous surveillance des parties prenantes -clients, partenaires et concurrents- doit être placée au cœur de toute activité menée en Chine. Ceci permet non seulement d'assurer la « mise en conformité » et par conséquent, de réduire le risque, mais également d'être sûr que l'entreprise a connaissance de l'ensemble des implications réglementaires et culturelles de la politique du gouvernement, celle-ci ayant peut-être des objectifs vertueux, mais pouvant également avoir des conséquences inattendues pour les investisseurs étrangers.