Quand les autorités recommandent d'utiliser la veille médiatique pour prévenir les fraudes et les crises

Les due diligences « renforcées » se multiplient…

Dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d'argent, la corruption et les violations de sanctions, les recommandations relatives à la vérification de parties prenantes ne cessent de se renforcer et de se préciser, comme tout dernièrement pour les institutions financières lors de la publication de la 4ème directive européenne.

Quid d'une nouvelle obligation qui inciterait les institutions financières mais aussi les sociétés cotées (et pas seulement) à utiliser la veille médiatique comme outil important de prévention des fraudes ?

Connaître les risques

Les autorités de régulation britanniques ont pris de l'avance sur les autorités françaises en matière de législation contre le blanchiment d'argent et la corruption à l'égard des institutions financières et des grandes entreprises.

Au niveau de la veille médiatique, la FCA (Financial Conduct Authority – équivalent de l'AMF en France) a récemment publié une recommandation intéressante. La FCA propose désormais que les banques britanniques tiennent compte des médias défavorables ou des actualités négatives pour déterminer leur approche du marché. Même si les risques liés au fait de traiter avec des entreprises ou des clients présentant des profils médiatiques défavorables peuvent varier, l'avantage de la veille médiatique est évident : elle permet de déceler un problème potentiel de fraude ou de corruption avant que l'institution n'y soit associée ou qu'il ne ternisse sa réputation.

Tandis que la FCA encourage l'utilisation de sites web Open Source pour mieux connaître le client, sa réputation et son rôle dans la vie publique, elle reconnaît que cela ne suffit pas toujours pour une vérification de due diligence renforcée, et recommande d'avoir recours aux informations fournies par des tiers pour obtenir une image fiable.

La nécessité de veiller les réseaux sociaux –principalement à des fins de gestion de la réputation ou de lutte contre la fraude (comptes piratés)- est explicite dans les recommandations de l'AMF, et ce depuis fin 2014.

Importance de la sélection médiatiqueImportance de la sélection médiatique

La sélection médiatique permet aux institutions financières et aux entreprises de mieux cerner le profil de risque d'une personne ou d'une entreprise. Les données guident ensuite les décisions au sein de l'organisation en complétant l'image partielle obtenue par la vérification de due diligence interne. Des reportages précis dans la presse peuvent par exemple révéler des problèmes fiscaux à l'étranger, ou même un lien entre un individu et une personne signalée comme « politiquement exposée » (PEP, Personne Politiquement Exposée en anglais) ou apparaissant depuis peu dans une liste de sanctions.

Alors que la sélection se faisait traditionnellement par l'intermédiaire d'une agence de coupures de presse, la veille & analyse média en 2015 couvre la presse traditionnelle, les chaînes de TV et radio, le web et les réseaux sociaux. La veille d'aujourd'hui, qui fait appel à des systèmes d'analyse de données sophistiqués, peut même contribuer à guider la stratégie d'une organisation en signalant des problèmes de réputation et de corruption avant qu'ils ne soient connus plus largement. La gestion de la crise de réputation dans le cadre de sujets de corruption a d'ailleurs fait l'objet d'un cycle de Web Conférences LexisNexis BIS et BPA « Corruption et Réputation : la gestion de la crise » début 2014, les supports sont à votre disposition.

Connaître un client ne suffit pas toujours

Les nouvelles directives de la FCA ou de l'AMF ne sont pas encore obligatoires mais il est clair que la tendance évolue vers des examens et réglementations plus étendus et plus stricts en matière de respect des mesures de lutte contre le blanchiment d'argent et la corruption.

En utilisant des systèmes d'analyse de données avancés ainsi que la veille et la sélection médiatiques dans leurs procédures de conformité quotidiennes, les organisations peuvent néanmoins acquérir une meilleure connaissance des risques auxquels elles s'exposent.

En complément des outils de vérification des parties prenantes –Lexis Diligence- LexisNexis Business Information Solutions fournit toute une gamme d'outils et services de veille et analyse média sur mesure. Les professionnels de l'information et de la conformité peuvent obtenir des rapports à l'aide de tableaux de bord avancés qui rassemblent les données de toutes les sources pertinentes (presse, web, publications imprimées, réseaux sociaux, blogs et télédiffusion), identifier les tendances critiques à l'aide d'outils de visualisation et d'analyse complets tout en surveillant régulièrement la presse négative, les listes PEP et sanctions.